Album : Peter Doherty - "Grace / Wasteland"

Publié le par Léo Catonnet

Peter Doherty... Le mec, rien que son nom tu frissonnes. L'un des rare types sur Terre qui peut prétendre au titre de "légende urbaine vivante" ...
Et ouai, le célèbre rockeur d'albion est de retour, ce coup-ci en solo. Avec un album qui fait peur. Ouai j'ai eu peur. Parce que pour être honnête, depuis le split des Libertines il nous a rien donné de bien bandant.

BÂTARD

Mais là dès que la sèche pointe son nez sur le premier morceau, je sais que cet album va me plaire. Ça sonne folk, vraiment... Mais en pop, orchestré.
Et là je comprends pourquoi je n'ai jamais réussi à aimer les Babyshambles, parce que c'était un intermédiaire, un bâtard. Les Libertines c'était la virulence, le freak out, la jeunesse (auto)destructrice. Et là on est à fond dans l'intime, le mystique parfois... Babyshambles c'était un hybride, tenter de faire passer du spleen avec un instrumental brit-pop classique, quatre lads et leurs instruments.
Là l'orchestration est poussée à fond de cale! On a droit à des instrumentations merveilleuses : des violons, du pianos, de véritables ambiances qui font frissonner l'âme, qui nous font hérisser nos poils.

SPLEEN

Faut-il revenir sur la capacité vocal du Peter ? Ok il n'est pas toujours juste, certains trucs sont imparfaits. Mais merde, il faut avouer que sa voix est à chialer. On peut pas rester de marbre en écoutant ça. Même chargé de drogue comme un cancéreux en phase terminale tu le ressens. C'est un truc qui va au delà de la musique, au delà de tout, c'est une voix qui pue l'éternité. Le spleen continu...

Le gars partage son temps entre sa chère île et Paris, sa ville d'adoption. D'ailleurs on peut entendre des vers en français à la fin de "Last of the English Roses" :

Ce soir, disons chez moi
Enfin je compte de toi
Je te drague la rose mystique
Tu l’arroses mystique?
Ha, vas-y
C’est mon monde de soleil
...

Je pense que c'est du Jean Genet, je verrais bien ça venir du roman "Miracle de la Rose" mais je ne suis pas sûr.

Doherty a toujours adoré la France, et ne s'en ai jamais caché. pour autant Il aimerait sûrement qu'on le compare à Baudelaire ou à ce genre de poètes. Je vais lui faire cet honneur, car c'est vraiment cela. Je ne sais pas si sa musique ou ses vers traverseront les âges comme l'ont fait ceux de Baudelaire, mais si dans un ou deux siècles on étudie les chansons de Doherty à l'école, ce sera pour dire : "Voilà ce qu'était le spleen du début du XXIe siècle".


ROSE MYSTIQUE ?


Peter a fait appel à Stephen Street pour produire 12 chansons qui était déjà dans ses tiroirs depuis un bout de temps. Je sais pas si vous avez vu ses peintures, ses "oeuvres". Un peu désuet n'est-il pas ? Sauf que les dessins sans cet album ne servent a rien, cet album est la clé. Autrement il resteraient de simple dessin de rehab, oublié comme le fresque peintes a la seringue dans les squattes de junkies.
On voit qu'il a un véritable cheminement artistique, ou au moins qu'il essaye de suivre la ligne blanche (je vous vois venir avec vos jeu de mots douteux) de son esprit.

En bref, bel album s'il en est, instumental nickel, ambiances prenante. Voix toujours aussi bien, vers à chialer.
Du Doherty, enfin servi pur, et sans glaçon...

SUIVRE LA LIGNE BLANCHE

Tracklisting :
01 : Arcady
02 : Last of the English Roses
03 : 1939 Returning
04 : A Little Death Around the Eyes
05 : Salome
06 : I'm the Rain
07 : Sweet By and By
08 : Palace of Bone
09 : Sheepskin Tearway
10 : Broken Love Song
11 : New Love Growns on Trees
12 : Lady don't Fall Backwards

Sortie : Mars 2009

Production : Stephen Street

Ma note :
8/10

Commenter cet article